Dossier: La traite humaine et les médias sociaux
Article #3 -La traite humaine par la sous-traitance: Comment réussir à redorer son image via les médias sociaux? L'exemple de Apple face au travail des enfants.
Cette semaine, j'ai été inspirée par un article de l'actualité concernant la compagnie Apple. Si vous ne l'avez pas lu, en voici un bref résumé: Apple a sorti son rapport annuel et l'entreprise a admis avoir été liée au travail des enfants par le biais d'une sous-traitance1. Cet article m'a donné envie de vous parler d'un phénomène relativement peu connu, celui de l'utilisation de la traite humaine par le biais des sous-traitances et comment une entreprise peut s'en sortir au niveau de la réputation de sa marque et de son image via les médias sociaux. Même si la compagnie Apple n'a pas été liée à la traite humaine, je tiens à le préciser, elle a réagit de façon à redorer son image face à un problème important et j'ai voulu pousser la réflexion plus loin.
Règle de base: Connaître son sous-traitant
Lorsqu'une compagnie délègue une partie de sa production à une autre société, elle devrait obligatoirement enquêter et se renseigner auprès de ses contacts et des anciens clients de la société afin de s'assurer de sa réputation, de sa gestion et de sa productivité. Les règles de base sont simples et généralement efficaces si le travail est fait de façon compétente. Toutefois, lorsque toutes les informations sont indisponibles, que les lois du pays hôte sont distinctes ou lorsque le contrat de sous-traitance s'exécute dans un pays éloigné, il peut être difficile d'en contrôler toutes les conditions qui en furent élaborées. Encore plus, lorsqu'il s'agit d'une multinationale éparpillée aux quatre coins du globe. Dans cette situation, l'utilisation « d'esclaves modernes » peut être facilitée par les dirigeants de la société engagée pour la sous-traitance sans que la compagnie mère ne soit au courant. Les « esclaves » sont ainsi dissimulés et les sous-traitants empochent les profits engendrés. Pour éviter que l'image de la compagnie mère ne soit ternie par un scandale lié à la traite humaine, la présence d'employés dans le pays hôte, ayant une côte de moralité/sécurité, peut être intéressante ainsi que quelques visites surprises. Mais que faire lorsqu'une telle situation se révèle?
Tactique de transparence et responsabilisation
Une des solutions préconisées est d'user d'une tactique de transparence en prenant ses responsabilités en tant que société de bien. Tout comme Apple nous la démontré, en usant de transparence envers ses clients et ses administrateurs, elle se donne le droit d'être plus qu'une entreprise…elle donne l'idée d'être une société emprunte d'une « certaine éthique » ayant des valeurs morales. Elle donne l'impression de combattre le crime du travail des enfants et des mauvaises conditions des travailleurs tout en prenant sur elle le fait qu'elle ait fait des erreurs. En prenant ses responsabilités et en admettant ses torts, les clients sont plus aptes à faire confiance dans le produit ou le service qu'ils achètent. Personnellement, préféreriez-vous acheter d'une entreprise qui ne dit rien sur sa sous-traitance et qui ne s'explique que lors de scandales ou préféreriez-vous acheter d'une compagnie qui reconnaît ses erreurs par elle-même tout en tentant de les réparer avant que cela puisse devenir scandale?
Force et impact des médias sociaux dans cette situation
Quant aux médias sociaux, ils deviennent une force grandissante pour les entreprises qui veulent renverser le négatif en positif. En effet, les médias sociaux leur permettront de mettre en oeuvre leur tactique de transparence et de responsabilisation, tout en facilitant des réponses rapides et efficaces envers les plus grandes critiques. Dire : « oui, nous avons eu un problème et nous avons l'intention de tout mettre en oeuvre pour réparer cette injustice. Voici les solutions que nous avons envisagées pour… ». Ces mots, ne sont pas dénués de sens pour le particulier qui verra en cette société bien plus qu'un générateur de profit. La compagnie aura même l'opportunité de réagir aux idées de réparation qu'on lui offrira via les blogues, articles de cyberpresse et pourra réagir aux discussions si elle le désire. Bref, en plus d'éviter les scandales, la compagnie qui usera de cette tactique aura l'opportunité de s'approprier une publicité à moindre coût tout en gagnant la sympathie de ses clients. Ils auront ainsi une image positive face à la volonté de l'entreprise pour éviter de tels drames. Le client aura possiblement l'impression de contribuer lui-même à l'effort de l'entreprise pour lutter contre la traite humaine. Cela, en choisissant ses produits ou services plutôt que ceux des concurrents qui n'auraient peut-être rien dévoilés avant le scandale…Pensez-y! À long terme, la transparence peut être payante.
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1 Article: "Apple: au moins 11 mineurs travaillaient indirectement pour elle l'année dernière", Branchez vous, 1 mars 2010. [En ligne] http://twurl.nl/a38d65 (Page consultée le 2 mars 2010). Et, Rapport annuel de Apple. [PDF, En ligne] http://images.apple.com/supplierresponsibility/pdf/SR_2010_Progress_Report.pdf (Page consultée le 4 mars 2010).
